Buenos Aires

Un correspondant a Buenos Aires qui reste dans le flow

TANGO NEGRO PART.2

Paraná, Argentina 2012

L’Experience Humaine Ressentie (HER, une idée  de sondage pour les très prochaines présidentielles …) me semble être un état unique à chacun. Je ne me lancerai donc pas dans un faux débat et pour une question de temps à la fois pour vous comme pour moi, j’essaierai d’aller à l’essentiel. Une aventure avant tout humaine…et oui…question de “Confiance” avant toutes choses…si parfois l’experience ne se ressent pas sur le papier, elle peut parfois se ressentir au cours d’une discusion, d’un échange. Si il y a bien un conseil que je ne suis pas, c’est bien le : “Il faut se vendre”. Cela sous entend qu’il faut que je travaille mon packaging, que je revois mes prix à la baisse et les jours de promotion je vous envoi un mail ?! Non, vraiment tant qu’a dire quelque chose d’intéressant je préfère dire la vérité. Sage comme une image, odieux comme une publicité…

Ceci étant dit, nous voici donc arrivé à Paraná après 9h00 de bus. Capitale de la province d’Entre RíosParaná est à une vingtaine de kilomètres de Santa Fe.

Une douche, un café, un deuxième café, on vérifie le materiel et nous partons à la rencontre des premiers contacts que nous avons sur place. Premier déjeuner en compagnie de Yolande que je peux vous décrire de troisième grand mère. Elle nous a été d’une grande aide dans nos recherches. Son mari était un peintre très talentueux et très productif. Ses tableaux recouvrent tous les murs de la maison. Cette maison semble vouloir communiquer avec nous…Après quelque verres de vin, je pouvais voir les personnages sortir des cadres…

Avec mon congénère derrière la camera, il était très important que l’on se comprenne et rapidement…comment fait-on ? avec qui, avec quoi ? par la suite un simple regard et l’affaire était dans la boite ! Il me semble que c’est ce que l’on appel le travail en équipe et quoi de plus agréable de se comprendre ainsi. Armé de ma perche et mon micro, et non de ma bite et mon couteau…Je ratisse l’environnement m’encerclant…Comme pris au piège j’avais l’obligation de restituer l’ambiance sonore…Documentaire un jour, documentaire toujours !

On croisera aussi la route de Pablo Suarez. Je vous invite à découvrir son projet (tangodesanmiguel.blogspot.com.ar) dans lequel il réunit à la fois un travail musical mais également un travail de documentation historique et antropologique autour de la thématique Afroargentine. Nous faisons également un passage dans sa maison pour découvrir sa fabrication de tambours et l’occasion pour lui de nous rappeler l’histoire des ces derniers.

Un soir de semaine, nous nous retrouvons chez Yolande pour y manger les meilleurs empanadas de la ville, accompagnées d’une coupe de champagne. J.C Caceres se glisse derrière le piano après le repas. Certains invités se tienent debout à coté, d’autres qui étaient en train de discuter, ont tendu l’oreille tout en se retournant vers le piano, le verre à la main… Arrivé à la fin de la chanson, Yolande, toujours très active, pense à quelque chose…Elle décroche le téléphone et nous explique qu’elle connait le directeur du Théatre municipal de Parana et souhaite que nous le rencontrions.

Aussi tôt dit aussi tôt fait, nous rencontrons Ruben, quelque jours plus tard dans son bureau…Acteur, metteur en scène, directeur, autant vous dire qu’on est en fasse d’un sacré personnage. Nous nous installons dans son bureau. Juan Carlos et Ruben débute la conversation en espagnol : on parle un peu d’histoire…puis Ruben nous dit pourquoi les noirs ont cette façon de bouger, de se comporter. Ruben se lève, tire la chaise derrière lui puis adopte une démarche avec un balancement général de son corps. “ Un blanc ne danse pas comme un noir (…), un blanc ne joue pas au basket comme un noir, il n’a pas le meme geste pour marquer un panier…(…)

Après plus de 30 min de discussion autour de cette même thematique des “racines africaines du Tango”, Ruben nous propose de faire une representation dans son théàtre. Le lendemain, Juan Carlos est en haut de l’affiche pour une heure de representation et d’improvisation avec Pablo Suarez. Le public est conquis. Rideaux.

TANGO NEGRO Part.1

Le Tango a des racines africaines ! vous le saviez vous ? Moi non plus… Il s’avère qu’une production française cherche une personne pour s’occuper du son sur un documentaire. Avec grand plaisir j’accepte le projet puis demande un bout de script pour avoir une idée de quoi on parle.

“Les Racines Africaines du Tango”

Je découvre comme un grand nombre de personnes de mon entourage, aussi bien en Europe qu’en Amerique du Sud, aussi bien en France qu’en Argentine que le tango à des racines Africaines.

Cette idée de documentaire qui avait germé dans la tête du réalisateur, il a dejà quelques années, continue sa croissance en Amerique du Sud. C’est Dom Pedro, réalisateur d’origine Angolaise mais vivant à Paris depuis de nombreuses années qui mène l’enquête. (Une interview de ce personnage, à venir très bientôt). A ses cotés un barbouse, Julien Ferret, plusieurs cordes à son arc : producteur, cadreur et assisstant réalisateur, j’arrive en 3ème position, en sniper avec ma perche et mon micro. Notre mission couvrir Juan Carlos Caceres. Nous nous rencontrons dans un joli appartement dans le Nord de Buenos Aires, pas très loin de l’hypodrome. Tout le monde est là… à mes cotés le co-producteur qui n’est d’autre que mon colocataire. Nous entamons la conversation, l’ambiance est un peu tendu…On se découvre petit à petit. Comme à mon habitude j’écoute…très attentivement…ça se déroulle en espagnol et en portugais..OUI..parce que Dom Pedro, de part ses origines parle portugais mais ne comprend pas beaucoup l’espagnol, bref c’est déjà le bordel…Je finis mon verre de soda puis JCC continue par de grands mouvements à expliquer ses recherches et son travail qu’il exerce  depuis 30 ans. A la fois historien, professeur, musicien, peintre, ce monsieur a des choses à dire…enormement de choses à dire. Notre réunion se termine, tout le monde a l’air satisfait et moi de même car je pars avec eux.

On restera quelque jours sur Buenos Aires afin de mettre sur bande des plans de la ville. Premier choripan dans la quartier de la Boca, la serveuse comprend un peu le français…On descend une première bouteille de bière..puis une deuxième…je me dis que dans ces conditions là, le job sera plutôt agréable…

C’est le jour du départ. Un peu plus d’un mois que j’étais dans ma chambre, je dois refaire ma valise avec le matériel d’enregistrement en plus ! Difficile de décrire ce que je ressentais sur le moment si ce n’est de pas avoir de “chez moi” et être un peu perdu mais une excitation bien présente. Bref ! Je fais signe au taxi, fourre mon barda à l’avant, prend place à l’arrière, indique le croisement des rues et c’est partit…une dernière virée dans le grand Buenos Aires, cheveux au vent…le taxi me demande si la ville me plait…j’arrive en bas de l’appartement, l’équipe me rejoins…nous voila repartit en taxi…On arrive à la gare de bus, direction Parana, Province de Entre Rio. Ce sera notre premier stop !

Dans le cadre d’un documentaire, nous n’avons rien trouver de mieux que d’aller sur le plus haut Phare d’Amerique Latine. En compagnie d’appareils photos et d’une caméra, nous avons assisté au spectacle.

Buenos Aires trouve son repos, nous en faisons autant après avoir voyagé pendant deux semaine entre l’Argentine et l’Uruguay.

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